Vous rentrez un dimanche soir après un week-end. La clé tourne, la porte s’ouvre, mais quelque chose ne va pas : un courant d’air, un tiroir entrouvert, une odeur, un objet qu’on ne se souvient pas avoir laissé là. Cambriolage, tentative, ou simple fausse alerte : dans le doute, on regarde d’abord, on note pour soi, et on n’appelle qu’ensuite. C’est la marche à suivre que nous détaillons ici – que faire en cas de cambriolage quand on rentre, sans se précipiter. La partie cambriolage assurance viendra après le constat, et c’est votre assureur qui la conduira.
En bref
- On regarde avant de toucher : porte, fenêtres, volets, traces, désordre.
- On note ce qui a bougé et ce qui manque, sans rien remettre en place.
- On photographie largement, avec l’heure, avant de ranger quoi que ce soit.
- On prévient les forces de l’ordre, puis on appelle son assurance.
- Pendant l’appel, on garde ses notes et ses photos sous les yeux.
- Ce que couvre le contrat, c’est l’assureur qui le dira – pas nous.
Ce qu’on regarde en arrivant
Le premier réflexe, c’est l’œil, pas la main. On observe depuis la porte, on avance lentement, et on repère les points d’entrée avant de détailler les pièces. L’idée n’est pas de tout comprendre sur le moment, mais de ne rien laisser passer d’évident.

Porte, fenêtres, volets
On commence par ce qui a permis d’entrer, ou ce qui aurait pu le permettre. La porte d’entrée : serrure, pêne, gâche, trace de levier, gond forcé, vantail qui ne joint plus. Les fenêtres du rez-de-chaussée et celles accessibles depuis un balcon ou un toit : carreau cassé, poignée forcée, moustiquaire découpée. Les volets, aussi : sont-ils exactement dans la position où vous les avez laissés ? On regarde, on ne redresse rien, on ne referme rien.
Traces, désordre, ce qui a bougé
On balaie ensuite les pièces sans les traverser n’importe comment. Un tiroir vidé au sol, un matelas soulevé, une armoire ouverte, des affaires empilées près d’une sortie : le désordre raconte un passage. Les traces comptent autant que le fouillis – une semelle, un gant abandonné, du verre sous une fenêtre, une marque sur un mur, un cendrier qui n’était pas là. On les regarde à distance raisonnable, sans piétiner.
Ce qui manque
Ce qui manque se voit en général en dernier, et c’est le plus difficile à reconstituer de mémoire. On repère d’abord les absences évidentes : un écran décroché du mur, un ordinateur qui n’est plus sur le bureau, un tiroir de bijoux, des papiers, des clés, une voiture absente du garage. On ne cherche pas à tout inventorier tout de suite : on note ce qu’on voit, et on complétera.
Ce qu’on ne touche pas encore (et pourquoi)
La consigne la plus difficile à tenir, c’est de ne rien remettre en place. Ne pas ranger « un peu ». Ne pas refermer les tiroirs. Ne pas balayer un morceau de verre ni essuyer une poignée.
La raison est simple. Ce que vous touchez, vous le déplacez ; et ce que vous déplacez perd son intérêt pour comprendre ce qui s’est passé. Un lieu non dérangé se décrit mieux qu’un lieu où l’on a déjà circulé. Et surtout, tant que rien n’a bougé, vous vous souvenez de l’ordre exact dans lequel vous avez découvert les choses – un fil que vous allez noter juste après.
Ce n’est ni de la méthode d’enquête ni un réflexe de spécialiste : c’est simplement plus facile de raconter, plus tard, une scène qu’on n’a pas chamboulée.
Comment noter pour soi
Vos notes ne sont pas un dossier à rendre ni un document pour l’assurance. Ce sont vos repères. Elles servent à deux choses : vous souvenir, et pouvoir raconter sans hésiter le jour où vous décrochez le téléphone.

Les photos
Photographiez avant de ranger, avec le téléphone que vous avez sur vous. D’abord des vues larges, pièce par pièce, depuis l’embrasure de la porte. Puis quelques plans rapprochés des accès et des traces que vous avez repérés. Pas besoin de tout mitrailler : une dizaine d’images nettes et bien cadrées valent mieux qu’une centaine de floues. Notez l’heure de chaque série – souvent, l’appareil l’enregistre pour vous.
L’ordre des pièces
Parcourez le logement dans l’ordre où vous êtes entré, toujours dans le même sens. Notez chaque pièce dans cet ordre, même celles qui semblent intactes, même les pièces vides. Ce fil chronologique vous permettra de raconter votre arrivée sans mélanger les étapes.
La liste de ce qui manque
Ajoutez les objets au fur et à mesure, sans vous mettre la pression : le nom de l’objet, la pièce où il se trouvait, et quand vous l’avez vu pour la dernière fois – hier matin, la semaine dernière, juste avant de quitter le logement. Pour ce qui compte le plus, notez le repère qui vous reste : une photo, un reçu, une boîte, un numéro de série. À ce stade, on ne cherche à prouver quoi que ce soit.
Les heures et ce qu’on a remarqué
Notez les heures : celle de votre retour, celle de votre premier doute, celle où vous avez constaté quelque chose. Ajoutez vos remarques brutes, même si elles paraissent anodines : « la lampe du salon allumée », « la porte de la cave tirée », « une odeur inhabituelle ». On ne trie pas encore. On écrit.
De vos notes à votre appel
Quand l’observation est terminée et que vos notes sont prises, on passe aux appels, dans un ordre simple.
Qui appeler, dans quel ordre
Le premier réflexe, en rentrant sur une scène anormale, est de prévenir les forces de l’ordre : le 17, ou le 112 depuis un portable. Cet appel cadre la situation et vous oriente. Vient ensuite votre assurance, une fois les notes et les photos à portée de main.
Selon votre situation – locataire, propriétaire, en copropriété – il peut aussi être utile de prévenir votre bailleur ou votre syndic et, si l’accès ne peut pas rester tel quel, un serrurier. Mais nous restons ici sur le fil principal : vous, vos constats, et votre assurance.
Ce qu’on a sous les yeux
Gardez près de vous, pendant l’appel : vos notes, la liste de ce qui manque, vos photos, et l’heure de votre retour. On vous demandera sans doute de décrire les lieux, les accès, ce qui a disparu, ce que vous avez remarqué en premier. Avec vos notes, vous répondez dans l’ordre, sans hésiter.
Votre interlocuteur vous indiquera la suite – les pièces à réunir, les démarches, les délais. C’est son rôle, et il a votre contrat sous les yeux. Pas nous.
Ce que couvre votre contrat : c’est votre assureur qui le dira
On aimerait pouvoir déduire, d’un cambriolage, ce qu’une assurance cambriolage va prendre en charge. En pratique, ce n’est pas comme ça que ça marche. D’un contrat d’assurance habitation à l’autre, les garanties, les exclusions et les conditions diffèrent ; un même vol avec effraction ne se traite pas de la même façon partout. Beaucoup de questions portent sur le lien entre cambriolage et assurance, comme si la réponse était identique pour tout le monde. Et nous ne connaissons pas votre contrat : dire ce qu’il couvre serait une supposition, pas une information.
C’est donc votre assureur qui répondra, à partir de votre contrat et de votre situation. Votre travail, à ce moment-là, est d’avoir des notes claires, datées, complètes. Le sien, de vous dire où vous en êtes et comment la suite se présente.
Un dernier point : si un ordinateur, un téléphone ou des papiers ont disparu, cela ouvre un autre sujet, distinct du contrat – après un cambriolage, les risques numériques quand un ordinateur ou des papiers ont disparu. Il existe et il est traité à part.
FAQ
Je rentre et la porte est ouverte : je fais quoi en premier ?
On ne se précipite pas à l’intérieur. On s’arrête, on écoute, on regarde depuis l’extérieur, et on prévient les forces de l’ordre. Une fois la situation cadrée et en sécurité, on commence à observer et à noter, comme décrit plus haut.
Est-ce que je dois tout laisser en désordre, même si ça me gêne ?
Oui, tant que vous n’avez pas fini d’observer et de photographier. Chaque objet remis en place efface un repère. Vous rangerez plus tard, une fois vos notes prises.
À qui je déclare le cambriolage, et quand ?
C’est votre assureur qui vous indiquera la marche à suivre pour une déclaration cambriolage assurance : à qui vous adresser, et selon quelles modalités. Nous n’imposons aucun délai ici, parce que cela dépend de votre contrat et de votre situation. Ayez vos notes prêtes avant l’appel.
Je préviens la police avant l’assurance, ou l’inverse ?
Dans le doute, on prévient d’abord les forces de l’ordre, puis on appelle son assurance une fois les premières observations faites. Si vous hésitez sur l’ordre exact, votre assureur saura vous répondre.
Et si je ne suis pas sûr qu’il s’agisse vraiment d’un cambriolage ?
Peu importe, sur le moment. Vous constatez quelque chose d’anormal : vous le notez. Le doute ne vous empêche ni de prévenir les forces de l’ordre, ni d’en parler à votre assurance, qui vous dira si la situation entre dans le cadre de votre contrat.

